5 conseils très simples pour une mémoire en forme chaque jour

5 conseils très simples pour une mémoire en forme chaque jour

art 5 conseils pour une mémoire en pleine forme

Pour profiter d’une mémoire toujours en forme, voici 5 pratiques très simples à mettre en œuvre chaque jour.

  1. Respirer
  2. Passer en revue ce que vous avez fait la veille
  3. Se tenir à un minimum d’activité physique
  4. Faire la pause
  5. Respecter sa discipline.

 

Respirer

Le matin au lever, avant le petit déjeuner de préférence, asseyez-vous sur une chaise ou un fauteuil, le dos bien droit, maintenu ferme mais sans raideur, tous les membres étant
décontractés. Les yeux ouverts ou fermés selon ce qui vous convient le mieux, accomplissez un cycle de 10 respirations- expirations amples et lentes, en inspirant pleinement, en gardant les poumons pleins 1 à 2 secondes, puis en expirant longuement et en gardant les poumons vidés pendant 1 à 2 secondes pour ensuite recommencer un nouveau cycle inspiration – expiration.
Pendant cet exercice, dégagez-vous des éventuelles préoccupations qui vous encombrent l’esprit. Prenez de la hauteur, une hauteur non pas prétentieuse, mais distanciée vis-à-vis des choses. Cela vous aidera à vous installer dans une liberté d’esprit face à ce qui vous entoure, face à ce qui vous sollicite. L’esprit libéré ouvre vos capacités d’attention et de concentration, et donc les capacités
de votre mémoire. Par ce détachement contrôlé, c’est comme si vous vous prépariez à accueillir le monde.

Conseil 1 : Ne faites pas de cycles trop longs qui vous conduiraient à l’essoufflement. Cet exercice doit vous conduire à un état de calme et de sérénité. Pendant cet exercice, vous devez vous installer dans la maîtrise de votre corps, puis dans celle de votre mental.

Selon votre préférence, vous pouvez

  • Soit fixer votre pensée sur une image qui vous est agréable comme un beau paysage ou un bel endroit que vous connaissez bien ou encore sur toute autre vision ou impression qui vous met en plénitude de vous-même. Visualisez alors en image cette vision ou cette impression.
  • Soit installer votre mental dans un état d’absences de pensées, si cela vous convient et si vous y parvenez, en vous concentrant sur votre respiration.
  • Soit pratiquer cet exercice comme un exercice de méditation si la méditation vous est familière.

 

Passer en revue ce que vous avez fait la veille

Le matin, de préférence après le petit déjeuner, pendant 5 à 10 minutes, passez en revue ce que vous avez fait la veille. Cet exercice, déjà pratiqué il y a 2500 ans en Grèce et en Inde, réactive tout ce qui constitue vos pensées et vos actions quotidiennes. Il vous maintient « en prise mentale sur vos affaires » si l’on peut s’exprimer ainsi et, en conséquence, vous permet d’avoir en présence à l’esprit ce qui vous interpelle dans vos activités au quotidien.

Conjugué avec l’exercice de respiration, vous avez en tête tout ce qui concerne votre journée qui commence et tout ce que vous avez à faire, en maîtrisant vos engagements avec calme et sérénité.

 

Se tenir à un minimum d’activité physique

Si vous êtes sportif, ayez la rigueur de faire de l’exercice chaque jour, soit en rapport avec votre discipline, soit en activité complémentaire.
Si vous n’êtes pas sportif, donnez-vous la discipline de faire une promenade à pied chaque jour, même courte ou un tour à vélo.

Cela libère l’esprit, stimule le corps, efface les tensions, stimule les idées.

Dans ce domaine, « Très peu d’exercice », c’est beaucoup plus que « Pas d’exercice du tout ». Si vous le pouvez, faites-le à heure fixe, sinon, prévoyez le matin, le moment de la journée où vous ferez cet exercice.

 

Faire la pause

Selon vos activités, préservez-vous des temps de pause, de préférence sans bruits, sans télé, sans écrans, sans téléphone. 5 à 10 minutes suffisent. Vous n’en serez par la suite qu’en meilleure disponibilité de vous-même. Gardez-vous également un temps de disponibilité pour les autres, votre entourage, votre famille.

 

Respecter sa discipline

Si vous vous êtes fixé quelques règles de vie quotidienne, quelque discipline comme : une alimentation raisonnable, un temps de lecture, l’écoute quotidienne d’une émission qui vous intéresse et que vous avez choisie, une activité physique, déjà mentionnée précédemment, une activité quotidienne d’apprentissage comme celui d’une langue étrangère, la pratique d’un instrument de musique, etc. Respectez-les impérativement !
Respectez-les pour trois raisons :

  1. Cela vous plait puisque c’est votre choix
  2. Cela est important puisque le choix de ces disciplines correspond à un objectif que vous désirez
    atteindre
  3. Cela structure le rythme de votre journée et vous rend ainsi satisfait, voire heureux quand vous
    l’avez respecté.

En résumé cela donne du sens à l’écoulement de votre journée. Tout cela vous libère du stress, et favorise le fonctionnement de votre mémoire en libérant votre esprit.

L’inflorescence créative

L’inflorescence créative

 

 

L’inflorescence végétale est le processus par lequel les fleurs écloses au sein d’une même plante se rassemblent ou s’organisent en formation comme par exemple la formation d’un épi, tel un épi de blé par exemple.

L’inflorescence créative est le processus cérébral, analogique de l’inflorescence végétale, aboutissant à l’émergence de l’idée nouvelle et créative.

Le processus de l’Inflorescence créative se décompose en trois étapes :

  1. la production dans notre cerveau, sous forme d’un flot continu de résurgences issues de notre mémoire, conscientes et inconscientes, de souvenirs, de savoirs, de connaissances, d’expériences, d’impressions, comme une éclosion de petites fleurs ou de petites graines.
  2. Le foisonnement de toutes ces informations issues de notre mémoire comme semblent foisonner les petites fleurs ou les petites graines dans leur multiplicité.
  3. Le choc, l’assemblage et la combinaison fructueuse entre plusieurs de ces résurgences mémorielles, donnant naissance à l’idée nouvelle et créative.

Ce déroulement traduit de façon analogique le phénomène des émergences créatives produites à partir de notre mémoire.

L’idée nouvelle, c’est l’épi de blé.

Les conditions de réalisation de l’inflorescence créative

Pour que ce processus se réalise, il faut que le phénomène mémoire soit un phénomène actif, c’est-à-dire qu’il génère en permanence des idées, des souvenirs, des réminiscences.

PROCESSUS DE L’INFLORESCENCE CRÉATIVE

L’ATTENTION ET LA CONCENTRATION

LA FLUIDITÉ D’ENREGISTREMENT

L’ATTITUDE ACTIVE FACE À L’ENVIRONNEMENT

LA CURIOSITÉ

LA VARIÉTÉ DES CENTRES D’INTÉRÊT

STUCTURER LE RÉEL

L’IMAGINATION

Une telle activité mémorielle est produite par l’activation de certaines clés de la mémoire , telles que l’attention et la concentration, la fluidité d’enregistrement, l’attitude active face à l’environnement, la curiosité et la variété des centres d’intérêt, l’aptitude à structurer le réel, c.à.d. à donner du sens à ce qui nous entoure et à ce que nous observons et enfin l’imagination. (ces clés d’activation sont au centre des programmes Mens Sana)

L’intuition

L’intuition

femme intuition2

La connaissance par l’intuition suscite actuellement un regain d’intérêt. Il en existe différentes manifestations. Les formes principales ont leurs racines au profond de notre mémoire.

L’intuition englobe les processus mentaux aboutissant à un sentiment de connaissance à priori soit d’une chose cachée en apparence, soit de la solution d’une problématique, soit encore de la présence d’un événement à venir, sans passer par un raisonnement ou une démarche réflexive. Elle apparaît comme un circuit court de connaissance ou de prédiction instantanée ou quasi instantanée, qui ne s’explique pas en apparence et qui ne peut se décomposer en phases d’élaboration.

Il existe toutefois différentes catégories d’intuition. Certaines sont appréhendables, d’autres moins, d’autres pas du tout.

 

L’intuition issue de l’expérience

L’expérience inconsciente de situations similaires à la situation à laquelle on se trouve confronté, l’expérience du contact des êtres et de la psychologie d’autrui, etc., peuvent nous conduire à apprécier une situation, deviner l’attente d’un interlocuteur, prendre une décision adéquate, alors que rationnellement, une analyse préalable ne nous aurait été d’aucun secours. Une intuition de ce type peut se comprendre comme l’expression d’une synthèse fantastique, immédiate et inconsciente d’expériences et de connaissances enfouies dans notre bibliothèque mémoire cérébrale.

Une analyse rétrograde permettrait dans nombre de cas d’identifier les éléments d’expériences situés en amont ayant nourri le phénomène intuitif, sans pour autant expliquer le processus instantané de synthèse du surgissement intuitif.

 

Issue du « Cloud »,l’intuition indéterminée de notre mémoire

Ce type d’intuition est similaire à la précédente. Elle est issue de notre expérience. Mais cette expérience est non appréhendable. Elle est comme un halo extrêmement vaste et indéfini, constitué de milliards d’éléments constitutifs de notre mémoire, qui forme en fait notre intelligence, notre sensibilité, notre personnalité dans leurs multiples composantes. Quand ce type d’intuition se manifeste en nous, on ne pourrait effectuer une analyse rétrograde telle qu’indiquée dans le paragraphe précédent pour en identifier les racines.

 

L’intuition sans cause identifiable

Comme sa dénomination l’indique, on ne peut que supposer son existence. Soit elle se manifeste en réaction à des signes imperceptibles de l’environnement dans lequel nous nous trouvons lorsque nous réagissons par intuition à une situation donnée. Soit elle se manifeste réellement sans cause identifiable ou supposée. Soit elle se manifeste avec l’idée d’une influence venue d’on ne sait où. Nous sommes alors dans le domaine de la croyance.

Mais toute croyance est respectable.

J’oublie ce que je lis

J’oublie ce que je lis

 Je lis et j’ai oublié le lendemain ce que j’ai lu la veille. 

Cela nous est arrivé à tous de perdre le fil du livre que l’on était en train de lire et même d’en avoir parfois oublié le titre et le nom de l’auteur. Ce n’est pas grave. Si cet oubli se produit occasionnellement, ce n’est pas grave. Si cela se produit souvent, ce n’est pas grave non plus.

Les 10 conseils qui suivent vous aideront sûrement à pallier ces trous de mémoire, car il s’agit la plupart du temps de trous de mémoire, c’est-à-dire d’oublis temporaires qui se résolvent par des rappels.

De quelle lecture s’agit-il ici ?

De la lecture de loisir !

Celle qui est le résultat de nos choix, celle qui se pratique tranquillement assis dans un fauteuil, sur la plage ou dans un parc sur un banc, dans son lit avant de s’endormir ou au réveil pour certains, toujours au lit. Les lectures obligatoires comme celles d’ordre professionnel ou d’acquisition de connaissances estudiantines ne s’inscrivent pas dans ce propos. Mais dans la lecture de loisir, il y a des genres différents : les romans où l’on a parfois perdu le fil de l’histoire et l’identité des personnages, les essais et livres à thèses ou d’opinion où l’on a parfois oublié les idées exposées.

Et puis, il y a des jours où nous sommes moins éveillés que d’habitude, surtout quand la lecture se fait au lit. Et c’est bien notre droit en période de loisir de nous endormir parfois sur un livre. Il y a aussi des lieux où il est difficile de rester fixé sur sa lecture comme sur la plage par exemple. Et c’est bien là encore notre droit que de laisser distraire à loisir. Mais il est certain que tout cela ne facilite pas la mémorisation.

Donc, que faire ?

Conseil n°1 – PRÉPARER VOTRE MOMENT DE LECTURE

Préparez votre moment de lecture.

C’est-à-dire préparez-vous à profiter d’un bon moment de votre vie, moment de lecture où vous allez vous couper du monde pour pénétrer dans un autre, celui de votre livre. Ne vous précipitez pas sur le livre. Changez de rythme, goûtez l’arrivée de ce plaisir comme on goûte celui que l’on ressent dans les cinq ou dix minutes qui précèdent l’arrivée du train à la gare où nous attendent des parents ou des amis que l’on n’a pas vus depuis longtemps ou un être aimé. Appréciez le toucher de la couverture avant de l’ouvrir, et le granulé des pages pendant que vous l’ouvrez.

Bref, installez-vous dans votre livre et mettez-vous mentalement en disponibilité de vous-même pour accueillir le livre et son histoire. C’est un peu comme un lâcher-prise de tout ce qui n’est pas le livre qu’il vous faut effectuer.

Conseil n°2 – RÉ IMPRÉGNEZ-VOUS DE CE QUE VOUS AVEZ LU, C’EST ÉVIDENT

Si au moment où vous reprenez votre lecture, vous ne vous rappelez pas de ce qu’il y avait quand vous l’avez quitté, bien sûr, retournez sur les pages précédentes, cela n’est pas un conseil, mais une évidence.

En revanche, repassez en pensée ce que vous venez de relire, développez une opinion personnelle sur l’histoire ou les idées de ce que vous avez donc lu jusque là afin de vous imprégner du contenu que vous avez parcouru pour donner à ce contenu une densité dans votre tête, une densité dans votre mémoire.

Et si vous êtes inspiré, forgez-vous une opinion sur cette partie de votre lecture, comme si vous en discutiez avec vous-même.

Conseil n°3 – LISEZ LENTEMENT ET IMAGINEZ !

imaginez l histoireLisez lentement.

Vous n’êtes pas pressé. Vous êtes dans un moment de dégustation. Lisez lentement au rythme que vous sentez être le bon pour que ce que vous lisez prenne sa place naturellement dans votre mémoire. Appréciez l’expression littéraire, les belles phrases autant que l’histoire ou le propos de l’auteur. Faites des images. Représentez-vous les scènes, les endroits, les personnages, l’auteur lui-même éventuellement. Arrêtez-vous entre les chapitres ou entre les paragraphes pour faire le point, comme si vous étiez vous- même un interlocuteur du livre.

Mieux, allez plus loin ! Laissez votre esprit vagabonder dans des chemins qui s’échappent du livre pour revenir ensuite dans le livre. Faites mentalement quelques détours imaginatifs. Bref, lisez en interactivité avec votre livre, avec les personnages si personnages il y a, ou encore, avec l’auteur.

Conseil n°4 – JOUEZ LE JEU DU LIVRE

Jouez le jeu du livre s’il y a lieu, en participant mentalement à ce que vous lisez quand il y a du suspense ou encore quand il y a une énigme à élucider. Quelle erreur a donc fait l’assassin avant que Hercule Poirot ne vous la révèle ? Que pensez-vous de Madame Bovary ? Est-ce une épouse malheureuse ou une femme immorale ?

Conseil n°5 – LAISSEZ LE LIVRE ENVAHIR TOTALEMENT VOTRE CONSCIENCE

Celui-ci résume les conseils précédents.

En suivant ces conseils, placez-vous en conscience active avec le livre. Soit vous lisez en vous laissant conduire de façon passive et il est probable que ce que vous lisez s’inscrive mal dans votre mémoire, soit vous vous laissez conduire de façon active, en pensée interactive comme évoqué précédemment, et il y a de bonnes chances que ce que vous lisiez prenne sa place dans votre mémoire.

Conseil n°6 – PARLEZ DU LIVRE AVEC VOTRE ENTOURAGE

Entre les temps de lecture, parlez avec votre entourage du livre que vous êtes en train de lire.

Conseil n°7 – PRENEZ DES NOTES

Prenez des notes éventuellement.

Prendre des notes, c’est souvent simplement écrire une phrase qui vous a paru étonnamment belle, ou profonde, ou humoristique ou rare. Je me rappelle ainsi un trait saisi du roman de Balzac « Le Lys dans la vallée » lu il y a quelques années : « L’esclave a ses vanités. Il ne veut servir que le plus grand des despotes. ». J’avais noté cette phrase que je trouvais fort subtile. Je me la rappelle aujourd’hui. Notez éventuellement une réflexion qui vous vient à l’esprit pendant la lecture, réflexion associée de près ou de loin au contenu du livre.

Allez chercher dans le dictionnaire le sens d’un mot que vous ne connaissez pas. Installez- vous dans les mots.

Conseil n° 8 – SOYEZ PASSIONNÉ(E)

Soyez passionné quand vous lisez !

Conseil n°9 – INTÉRESSEZ-VOUS À TOUT CE QUI PARLE DE LIVRES

Regardez et écoutez tout ce qui parle de livres.

« La Grande Librairie » à la télévision, les émissions littéraires, les interviews d’auteur. Leurs contenus croiseront sans nul doute des réminiscences de livres que vous avez lus et peut être même de celui que vous lisez.

Conseil n°10 – LISEZ CE QUI VOUS PLAÎT !

La lecture ne doit pas être une torture.

Si un livre vous ennuie, vous pouvez arrêter de le lire. C’est ce que Daniel Pennac appelle « Le droit de ne pas finir un livre » dans son excellent livre « Comme un roman » où il définit les dix droits imprescriptibles du lecteur.

 

Commentaire n°1 – Vous développerez vos capacités grâce à la plasticité cérébrale.

Le cerveau possède une plasticité étonnante. Si vous le sollicitez sur une pratique particulière, il développe des capacités spécifiques et progressives pour accomplir cette pratique. Plus vous lirez attentivement et correctement, plus votre cerveau développera des capacités de mémorisation de vos lectures.

Commentaire n°2 – La concentration, une clé essentielle pour la lecture

Savoir se mettre en état de concentration satisfaisant quand on le décide est une pratique qui s’apprend. Elle est développée tout au long du programme « Mémoire Tonique », la concentration étant l’une des clés essentielles de la mémoire.

En conclusion

Faites vôtres les conseils qui vous sont proposés, mettez-les en pratique et oubliez-les !

Vous aurez alors acquis la « Lecture attitude » pour votre plus grande satisfaction et vous garderez en mémoire le souvenir de vos lectures. …

Et puisque nous parlons lecture et du plaisir de lire, allez-donc voir dans le livre de Philippe Delerm « La première gorgée de bière – Gallimard – 1997 » les deux nouvelles intitulées : « Lire sur la plage » et « Un roman d’Agatha Christie ».

Nous aborderons prochainement « Comment apprendre un poème » et nous vous montrerons comment garder en mémoire le contenu de vos lectures pour longtemps, voire pour toujours.

Qu’est-ce que la mémoire ? (5/5)

Qu’est-ce que la mémoire ? (5/5)

Les différentes catégories de mémoire

Les mémoires sont multiples et les classifications qui peuvent en être données reposent sur des critères différents selon l’objectif du traitement du « sujet mémoire » qui les sous-tend.

 

Classification sensorielle (rappel)

Classification ancienne des différents types de mémoires selon l’origine de la perception sensorielle qui les a nourries : mémoires visuelle, auditive, olfactive, gustative et tactile. Cette classification offre aujourd’hui un intérêt moindre en ce qu’elle ne permet pas une approche explicative suffisante des processus mnésiques (cf. chapitre Qu’est-ce que la mémoire 3/5 – Les aspects sensoriels de la mémoire)

 

Classification neuropsychologique ou neuroscientifique

TulvingLes neuropsychologues Endel Tulving et Shayna Rosenbaum publièrent en 2005 une étude sur un patient nommé K.C., victime d’un accident de moto vingt ans auparavant, présentant des troubles singuliers de la mémoire. Il ne pouvait se rappeler aucun événement précis de sa vie. En revanche, il gardait en mémoire les informations générales de lui-même et du monde, les grands événements historiques, le nom des pays, les études qu’il avait suivies, le nom de ses proches. Il avait ainsi conservé le souvenir des connaissances de nature générale, mais avait perdu la mémoire des épisodes vécus de sa vie, liés à un lieu ou à une date.
Cet exemple illustre qu’il existe différentes formes de mémoire selon la nature des informations d’origine et le traitement de ces informations par le cerveau.

Cinq grands systèmes de mémoire sont classiquement distingués, chacun étant subdivisé en sous-catégories :

 

  • La mémoire procédurale

C’est la mémoire des savoir-faire, essentiellement gestuels en apparence, mais également cognitifs. Nager, faire du vélo, jouer d’un instrument de musique, composer gestuellement un digicode sans se rappeler les chiffres, faire une multiplication sur papier de façon automatique, réciter un poème sans penser aux mots qui le composent, relèvent de la mémoire procédurale. Elle présente le caractère spécifique de ne pouvoir être déclarative, à savoir que l’on ne peut exprimer par le langage la manifestation de ces savoir-faire mnésiques. Elle se maintient en général assez bien avec l’avancée en âge (cf. chapitre Qu’est-ce que la mémoire 3/4 – dernière partie « Actes de restitution sémantique, procédurale et épisodique).

  • La mémoire perceptive (long terme)

C’est la mémoire des formes et des sons avant même qu’une identification ou une signification soient attribuées à la forme ou au son perçus. Une trace de ces formes ou sons est gardée par le cerveau qui permettra la reconnaissance de la forme ou du son si une exposition ultérieure de cette forme ou de ce son est effectuée, même partiellement.

  • La mémoire sémantique

C’est la mémoire des connaissances générales sur le monde ou sur nous-mêmes, sans référence au contexte, aux circonstances, lieux et dates qui ont accompagné leur genèse. Se rappeler quelle est la capitale du Japon ou sa propre date de naissance relève de la mémoire sémantique.

  • La mémoire de travail ou mémoire immédiate

C’est la mémoire qui maintient à l’esprit les informations dont nous avons besoin pour parler, imaginer, réfléchir, calculer. Elle garde vivantes ces informations pendant un temps très court, de 15 secondes à deux ou trois minutes en moyenne, le temps nécessaire pour que ces informations nous permettent d’accomplir nos actions immédiates. Maintenir en mémoire les termes d’une question posée le temps que l’on y réponde oralement et immédiatement, se rappeler un numéro de téléphone le temps qu’on l’inscrive sur un papier, mémoriser un itinéraire communiqué oralement alors que l’on demande son chemin (et qui, malheureusement, s’oublie parfois cinq minutes plus tard) relèvent de la mémoire de travail. Toutefois, à partir des enregistrements de cette mémoire de travail peuvent s’ensuivre des enregistrements à long terme, dans la mémoire sémantique comme dans la mémoire épisodique en fonction des interactions entre les différents systèmes de mémoire. Il s’agit du processus de consolidation des souvenirs. Ce processus d’interactions est à la base de tout apprentissage de long terme. La qualité de la mémoire de travail est donc essentielle. Elle exprime notre perméabilité, dans le bon sens du terme, aux informations qui nous parviennent. Meilleure est cette perméabilité, meilleures sont nos capacités d’apprentissage. La mémoire de travail est souvent celle qui s’affaiblit la première avec l’âge ou avec l’apparition de maladies neurodégénératives.

  • La mémoire épisodique

C’est la mémoire des événements attachés à notre vécu, liés au contexte de leur survenue, situés dans le temps et dans l’espace. Se rappeler que l’oncle Albert a chanté Plaisir d’amour à l’anniversaire de Gertrude ou ce que l’on faisait lorsque que l’on a appris l’attentat des tours de New-York du 11 septembre 2001 relève de la mémoire épisodique.

 

Classification pratique : les demeures de mémoire

L’entretien et le développement de la mémoire, tel qu’il est proposé ici, repose sur les deux considérations de base suivantes, confirmées par l’expérience des centaines de programmes mémoire que nous avons conduits sur plusieurs années :

1 – Les domaines d’application de la mémoire sont compartimentés et la mémoire d’un même individu peut présenter des performances très différentes selon ces domaines d’application.

Vous pouvez posséder une bonne mémoire des nombres et avoir une mémoire défaillante du nom des personnes que vous côtoyez. Vous pouvez disposer d’une facilité pour mémoriser un poème et être incapable de bien vous rappeler un itinéraire. Vous pouvez ne rien oublier dans votre activité professionnelle et oublier la moitié des choses dans votre vie domestique.

Métaphore des demeures de mémoire

L’entraînement de la mémoire, justifié par la plasticité cérébrale et tout en s’appuyant sur les principes de fonctionnement des grands systèmes de mémoire précédemment évoqués, ne peut être efficace qu’en tenant compte de la compartimentation des applications de la mémoire. Cette compartimentation peut être très spécifique. Un joueur de bridge peut développer une aisance à mémoriser les cartes par sa pratique régulière du bridge et rencontrer des difficultés à bien se rappeler une liste de courses qui lui aura été communiquée. Il existe néanmoins des passerelles entre les différents domaines d’application. Ces domaines d’application apparaissent comme des « demeures de mémoire » dont la juxtaposition, l’enchevêtrement et les communications constituent métaphoriquement le « château de la mémoire » que la méthode proposée, en jouant le rôle de guide, vous invite à explorer.

2 – Sur un plan pratique, une classification des mémoires établie sur le temps d’enregistrement et le temps de restitution apparaît la plus efficace. Elle se décompose en quatre grandes familles :

  • La mémoire de travail ou mémoire immédiate (très court terme : de 15 secondes à 3 minutes)

Cette mémoire est identique à celle décrite par la neuropsychologie (Cf. sous-chapitre précédent). Elle mémorise pendant un temps très court, de 15 secondes à 3 minutes en moyenne, quelques éléments Mémoire des visages
d’information différents (de 5 à 9 selon les individus et la nature des éléments). Elle manifeste notre perméabilité aux informations qui nous parviennent. De cette perméabilité peut et doit s’ensuivre les enregistrements durables par le processus mémoriel de la consolidation. Elle manifeste notre présence au monde.

  • La mémoire au quotidien (court terme : de 30 minutes à une semaine)

C’est la mémoire appliquée aux affaires courantes de la vie quotidienne. Se rappeler les termes d’une conversation échangée une heure auparavant ou la veille, l’heure et la date d’un rendez-vous, une liste de courses à faire, l’emploi du temps d’une journée, un courrier à envoyer relèvent de la mémoire au quotidien. Elle met en jeu ce que nous appelons notre « état de veille spontané et permanent » à ce qui nous entoure, c’est-à-dire notre attention à l’environnement immédiat.

  • La mémoire d’apprentissage (moyen et long terme : de plusieurs semaines à plusieurs années)

C’est la mémoire, sous diverses formes d’application, de ce que nous désirons nous rappeler pour longtemps : le contenu d’un livre, les éléments d’une discipline comme une langue étrangère, le solfège pour les musiciens, l’enchaînement des figures d’une pratique physique ou artistique, la signification des annonces pour un joueur de bridge, le nom des personnes de notre entourage ou des célébrités, etc.
Elle repose sur le respect de quatre règles : Motivation, concentration, évocation, association.

    • La motivation: il n’est pas de progrès dans la mémoire sans efforts et le désir d’améliorer sa mémoire.
    • La concentration : elle est la manifestation de notre attention aux domaines donnant lieu à mémorisation (enregistrement) ou remémoration (restitution). Il existe plusieurs formes de concentration : concentration simple, concentration créatrice ou imaginative, concentration complexe (Cf. chapitre La concentration)
    • L’évocation : c’est notre aptitude à nous faire une représentation mentale, souvent imagée, des informations qui nous parviennent. Elle est essentielle pour donner un contenu concret et perceptible à ces informations, qui, ainsi, s’inscriront efficacement dans notre mémoire.
    • L’association : la mémoire fonctionne naturellement par associations. Elle est liée à l’évocation. En développant mentalement des images et des représentations liées aux informations qui nous parviennent, nous créons autant de portes d’accès pour restituer lesdites informations.
  • La mémoire profonde (long terme) : C’est notre aptitude à restituer ce qui est enregistré dans notre mémoire, parfois enfoui depuis longtemps, que ce soit dans le domaine de notre vécu comme dans celui de nos connaissances. On peut parler d’un art de la restitution à l’instar de la célèbre Madeleine de Proust, lequel, à partir du goût d’une madeleine, évoque tout un enchaînement de souvenirs liés à cette madeleine.

Une cinquième règle s’ajoute à ces quatre premières, mais elle intervient ultérieurement, c’est la réactivation, soit la consolidation des apprentissages acquis par la révision selon l’expression populaire ou le renforcement des traces mnésiques selon l’expression neuroscientifique.

La métamémoire

La métamémoire est à la fois la connaissance d’un individu sur ce qu’est la mémoire et la connaissance qu’il a du fonctionnement de sa propre mémoire ainsi que de ses capacités à contrôler et réguler les mécanismes de sa mémoire. Ce qui nous importe ici, c’est qu’il existe en chacun une conscience, plus ou moins exacte, du fonctionnement de sa mémoire et des performances de sa mémoire. Cette conscience peut jouer un rôle moteur dans l’entretien et le développement de la mémoire et constituer un ressort de ce que l’on peut appeler la « volonté-mémoire », c’est-à-dire la volonté de se souvenir.

Un exemple explicitera la proposition. A la question « citez-moi les noms des sept nains de Blancheneige. », certaines personnes répondront « je le sais, ou je l’ai su ». De cette connaissance de posséder ces noms quelque part dans leur mémoire (métamémoire), ils engageront l’effort de les retrouver. D’autres personnes déclareront « je ne les connais pas, ou, je ne les ai jamais connus. » Pourtant, si l’on cite à ces dernières personnes les noms de Grincheux, Simplet et Atchoum, il est probable que la plupart d’entre elles admettra les connaître.