Le stress et la mémoire

Le stress et la mémoire

Lorsque vous êtes stressés par quelque chose (ex.: un collègue au travail), cet agent stressant interfère avec votre capacité à encoder de nouvelles informations. Lorsque vous dites avoir « oublié » un rendez vous, peut-être n’avez-vous pas vraiment oublié. Vous n’avez peut-être tout simplement jamais encodé cette information la première fois que vous y avez été exposé.

Ainsi, lorsque vous avez pris ce rendez-vous, vous n’y portiez pas tout à fait attention car votre cerveau était accaparé par l’agent stressant. Ainsi, l’information concernant ce rendez-vous ne s’est même pas rendue dans votre mémoire, elle n’a pas été encodée. Elle n’a donc pas été consolidée dans votre mémoire à long terme.

 

Pour entraîner votre mémoire… détendez-vous !

Le stress provoque une cascade de réactions biologiques, en particulier hormonales. Deux d’entre elles ont été identifiées comme pouvant provoquer des troubles de la mémoire… Le stress provoque essentiellement une sécrétion accrue du cortisol, hormone sécrétée par la glande surrénale.

Une équipe de chercheur de Zurich et une équipe californienne ont montré que des concentrations élevées de cortisol sont toxiques et sont à l’origine de pertes de la mémoire chez les personnes victimes d’événements stressants traumatiques.

Il semblerait que les « trous de mémoire » soient liés spécifiquement à un surdosage de l’hormone du stress qu’est le cortisol.

Encore plus récemment on a constaté qu’une enzyme, impliquée dans des maladies psychiatriques majeures que sont la psychose maniacodépressive et la schizophrénie, perturbe la mémoire à court terme chez des rats et des singes…

Or le stress peut augmenter l’activité de cette enzyme et entraîner une baisse de l’attention, un affaiblissement des capacités de raisonnement, une impulsivité et des perturbations de la pensée.

Les auteurs de cette étude pensent que l’activation de cette enzyme en période de stress peut entraîner entre autres des troubles de la mémoire. Une conclusion pratique s’impose :

Pour entraîner votre mémoire,  vous devez aussi apprendre à gérer votre stress.

Un juste équilibre

Cependant, certaines études ont démontré que lorsque le niveau d’hormones du stress était trop bas, il était plus difficile d’apprendre et de se souvenir de nouvelles informations. Prenons pour exemple, la chasse aux mamouths !

Si nous avions fui la chasse au mammouth pour terminer notre course dans le territoire d’un tigre aux dents de sabre (et que nous réussissions à survivre 😉), il serait important pour notre survie de se souvenir de l’emplacement du territoire du tigre et de la façon de s’en sortir. C’est là que nos hormones du stress entrent en jeu; elles sont essentielles à la formation de nouvelles mémoires!

Les solutions

Elles se répètent, quelque soient les problèmes..

Manger sainement, faire de l’exercice, avoir un sommeil de qualité et intégrer à son quotidien d’autres pratiques de réduction du stress comme les massages ou le yoga.

Développez votre attention

Développez votre attention

Laisser filer son attention

Définition (William James ) :
« Prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles […] . Implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres »

Développer l’attention, une des formes de la concentration, nécessite bien souvent une énergie et une tension durable pendant une période donnée.

L’attention est la faculté de l‘esprit de se consacrer à un objet : d’utiliser ses capacités à l’observation, l‘étude, le jugement d’une chose quelle qu’elle soit, ou encore à la pratique d’une action. Ainsi, les autres pensées sont alors releguées à l’arrière plan.

Ecouter une conférence, lire un texte, réfléchir sur un problème, requièrent de maintenir son attention.

Or il nous est arrivé à tous, bien qu’ayant l’intention de faire cet effort d’attention, de nous surprendre à ne plus entendre le conférencier tout en ayant l’air de l’écouter, de lire sans comprendre en planant sur les mots et en filant sur le texte, de scléroser sa pensée ou de rêver à autre chose alors que nous cherchons la solution d’un problème.

Aujourd’hui, notre attention est mise à rude épreuve: telephones, réseaux sociaux.. nuisent à mobiliser toutes nos facultés mentales et physiques sur un sujet ou sur une action. Il faut pour se concentrer, se liberer de ces comportements parasites.

De plus, la fatigue, la consommation d’alcool ou le vieillissement peuvent compromettrent notre attention.

Comment conserver son attention

S’il existe des moyens, des mises en conditions et des entraînements pour éviter ces désagréments, des réactions simples peuvent dans un premier temps gommer ces petites faiblesses.

Si le fil d’une conférence vous ennuie et vous fait échapper irrépressiblement à l’écoute, d’une part pincez-vous et surtout rappelez-vous pourquoi vous vouliez écouter le discours.

Cela stimulera votre motivation première et vous redonnera de l’énergie.

Si la lecture vous échappe, arrêtez-vous de lire un instant, levez-vous, respirez, rappelez-vous pourquoi vous lisez ce texte, replacez-le dans le contexte général de l’œuvre et reprenez votre lecture.

Si vous vous endormez sur la résolution d’un problème, de même interrompez-vous, respirez, faites quelques pas et reprenez votre étude, éventuellement en imaginant toutes les solutions les plus fantaisistes qui peuvent vous passer par la tête, ceci afin de réveiller vos mécanismes cérébraux.

Rappelez-vous que l’attention véritable, c’est passer de l’état de veille à celui d’éveil.

Développer son attention

Si vous avez déjà pratiqué un de Nos programmes mémoire, vous savez que l’une de ses composantes essentielles est la respiration. C’est en effet l’une des meilleures manières de ramener son état émotionnel au point mort. Pour cela quelques exercices élémentaires de respiration sont à faire régulièrement.

Debout, les bras le long du corps, respirez amplement en remplissant d’air d’abord le bas de vos poumons (Poussez l’abdomen en avant), puis en emplissant d’air le haut des poumon

Puis expirez en vidant d’abord le haut des poumons, puis le bas. Ne bloquez pas l’air dans les poumons.schema-respiration

Faites cet exercice trois à cinq minutes par jour, sans forcer.

Si vous vous sentez essoufflé, c’est que vous forcez trop.

Fixer un objet, en examinant attentivement ses détails, sa texture, ses couleurs, ses formes, puis élargissez votre champ de vision, toujours avec la même attention.

Quelques exercices de calculs mental, écouter de la musique.. sont autant d’exercices qui développeront votre attention, si ils sont exécutés de façon régulière. 

Développer un Art de vivre afin d’optimiser notre attention, entre autre, est la base de nos programmes mémoire.

La formation en ligne ‘Mémoire Tonique’ débute tous ses travaux quotidiens par ce genre d’exercice.

Par ailleurs, si vous avez du mal à être concentré, essayez d’être organisé, de faire des listes, de vous en tenir à un emploi du temps précis, de ne faire qu’une chose à la fois.. toutes ces petites attentions aux détails que vous pouvez améliorer.

Réussir l’amorce d’une intervention orale

Réussir l’amorce d’une intervention orale

L’amorce d’une intervention, d’un discours, d’une conférence conditionne d’emblée l’intérêt de l’auditoire ou encore la compréhension future de l’exposé.

On peut commencer par une anecdote :

« Hier soir, une policière a été violée en quittant son commissariat, … »

(Ségolène Royal ; débat Royal – Sarkozy du 2 mai 2007).

L’entrée abrupte dans le sujet, dans le concret :

« La bataille suprême est engagée… »

(Discours du Général De Gaule à la B.B.C. du 6 juin 1944)

Le paradoxe :

« Voilà un film qui parle de maladie, mais qui fait un bien fou. »

(Commentaire sur le film « La consultation », d’Hélène De Crécy).

Voici dix manières de construire le début d’une intervention pour « briser la glace (Ice breaking) » :

  1. L’anecdote
  2. La question
  3. L’entrée abrupte dans le sujet, dans le concret
  4. La définition
  5. Les chiffres
  6. Le paradoxe
  7. Le recours à l’image (comparaison, métaphore, analogie)
  8. La formule frappante
  9. La dramatisation
  10. L’invective, la dénonciation, la critique

Par Virginie de Thrédiac, directrice des programmes « Expression Orale

Deux orateurs brillants aux techniques différentes

Michel Serres et Edgar Morin comptent parmi les philosophes et orateurs de talent.

Ils maîtrisent l’art du « Parler sans papier ». Pourtant, dans deux conférences prononcées chacune par l’un d’entre eux, on pouvait observer deux techniques radicalement opposées.  

Michel Serres s’appuyait sur un texte très précisément écrit à la virgule près ; quant à Edgar Morin, il avait sur sa table de conférencier quatre feuilles de papier. On eût pu croire qu’elles portaient le texte de son exposé ou tout au moins des notes. Il n’en était rien. Les feuilles étaient blanches.!

Elles ne servaient à Edgar Morin qu’à tracer de temps à autre des traits horizontaux comme pour ponctuer sa pensée.

A chacun son style et sa manière.

Virginie de Thrédiac, directrice des programmes « Expression Orale »

Trois atouts pour bien s’exprimer : l’attitude, la clarté, et l’écoute

Notre aptitude à bien nous exprimer se trouve sollicitée en de nombreuses occasions : entretien individuel, négociation commerciale, intervention en réunion, exposé de synthèse ou présentation d’une requête, discours de motivation, prise de parole en public… Chaque situation requiert une préparation spécifique en fonction de l’objectif visé et du style personnel. Trois critères conditionnent le succès de ce que l’on veut exprimer : l’attitude, la clarté et l’écoute.
L’attitude : c’est ce qui étaie « l’autorité (1) » de celui qui s’exprime, ce qui fait qu’on l’écoute, ce qui donne confiance dans ses propos. Elle est la résultante de la gestuelle, du regard, de l’intonation, de l’assurance, de la maîtrise du trac, de la correction des tics verbaux, de l’empathie de l’orateur, de son enthousiasme et de son charisme ainsi que de la qualité de son articulation et du volume de sa voix.

 

La clarté : c’est ce qui garantit d’être parfaitement compris sans équivoque par ses auditeurs. Elle nécessite une vision claire du propos par l’orateur, des phrases courtes, un enchaînement logique des arguments, un vocabulaire précis et topique, une rigueur dans l’utilisation des figures de rhétorique, et, si possible, l’usage de formules imagées, évocatrices et honnêtes (2).

 

L’écoute : l’écoute de l’autre est essentielle pour celui qui s’exprime, surtout quand il a pour objet de convaincre son auditeur ou son auditoire.  Ecouter, c’est reconnaître l’autre. Reconnaître l’autre, c’est le placer dans la meilleure attitude qui soit pour qu’il vous écoute à son tour (3).

 

(1) L’autorité en expression orale n’est pas ce qui s’impose par la force ou la position sociale ou hiérarchique de l’orateur (une telle attitude est un défaut et se nomme argument d’autorité), mais au contraire ce qui s’impose de soi par la pertinence, la clarté et la conviction de l’orateur. Mieux, l’étymologie du mot « autorité » en remontant à sa racine indo-européenne « aweg = croître, puis accroître », évoque l’idée d’augmenter. L’autorité d’un orateur en ce sens, c’est celle qui « augmente » son auditoire, c’est-à-dire qui l’enrichit.

Virginie de Thrédiac, directrice des programmes « Expression Orale »

(2) Trouver une formule imagée dont la simplicité clarifie un sujet dont la compréhension est difficile constitue un art délicat qui s’acquiert avec l’expérience. Ainsi, imaginez que l’on vous demande d’expliquer clairement ce qu’est le déisme et ce qu’est le théisme. Dictionnaires, réflexions, consultation des écrits sur le sujet vous seraient peut-être nécessaires. Voici comment le philosophe Michel Onfray éclaire la distinction entre ces deux notions par deux formules lumineuses :  

« Déisme : Dieu existe et ne s’occupe de rien.

Théisme : Dieu existe et s’occupe de tout. »

(Michel Onfray, Université populaire de Caen,
France-Culture, Août 2004)

 

(3) Philippe Breton, spécialiste de l’argumentation en situation difficile déclare :

« Apprendre à parler est un ensemble de compétences dont la principale est celle de savoir écouter. »  

« Pour convaincre, il faut d’abord écouter. » C’est l’empathie cognitive.